Thérapie antirétrovirale


On dispose aujourd'hui, pour combattre l'infection à VIH, d'inhibiteurs de la transcriptase inverse et d'antiprotéases. Les inhibiteurs de la transcriptase inverse empêchent indirectement l'intégration du génome du virus dans l'ADN de la cellule-hô te humaine. Le médicament s'oppose à l'action de la transcriptase inverse, enzyme importante pour la synthèse de l'ADN. Les antiprotéases, en revanche, inhibent la protéase, enzyme responsable de la production de nouveaux virus. Aujourd'hui, ces deux groupes de médicaments sont prescrits en associations. Ils permettent de limiter la charge virale dans le sang et dans les ganglions lymphatiques et de retarder l'évolution de la maladie.

D'énormes progrès thérapeutiques ont été réalisés ces dernières années. Au début des années 90, on ne recourait aux antiviraux qu'aux stades avancés de l'infection. Maintenant on espère, grâce àun traitement précoce: 1. empêcher la réplication du virus et, par làmême, la destruction du systè me immunitaire et la progression de la maladie, 2. empêcher l'apparition de variants résistants, 3. diminuer la contagiosité du malade; des études ont montré que la transmission de la mère àl'enfant est considérablement réduite si on administre des antiviraux à des femmes enceintes séropositives.

Maintenant, on commence une thérapie avec deux inhibiteurs de la transcriptase inverse (p. ex. AZT [=Retrovir®)], 3TC [=Epivir®)], ou ddC [=Hivid®]) et une antiprotéase (Indinavir [=Crixavan®] ou Nelfinavir [=Viracept®]).

La prophylaxie médicamenteuse du sida
La prophylaxie a pour but d'éviter le déclenchement des infections opportunistes (maladies qui frappent généralement les personnes atteintes du sida) ou du moins de le retarder. On ne s'attaque ici pour ainsi dire qu'aux symptômes, mais l'infection est incurable et on ne peut empêcher la destruction du système immunitaire.

Les procédures à adopter dans la prophylaxie des affections opportunistes dépendent du degré d'évolution de la maladie. On a recours à différents médicaments, tel le Baktrim® en cas de pneumonie à Pneumocystis carinii.

La prophylaxie aprè s exposition
Depuis plusieurs années déjà , les membres du personnel médical qui se sont exposés à un risque d'infection àVIH, par exemple à la suite d'une piqûre accidentelle par une aiguille de seringue, se voient administrer pendant 2 à4 semaines un ou plusieurs médicaments anti-VIH. Le risque de contamination a pu être ainsi réduit de 80%.

En Suisse, depuis la fin de 1997, ces médicaments sont accessibles également aux personnes qui se sont exposées àun risque de contamination lors de rapports sexuels non protégés avec un partenaire infecté par le VIH. Mais on connaît encore mal leur efficacité dans ce cas. La seule chose dont on soit sûre, c'est qu'il faut commencer le traitement dès que possible, au mieux quelques heures aprè s la contamination et pas au-delà de 72 heures, car alors le virus se sera déjàpropagé dans l'organisme. Ces médicaments doivent être pris pendant 2 à 4 semaines et présentent d'importants effets secondaires. La décision doit être mûrement pesée, et cela par un spécialiste hospitalier, car pour l'heure, on ne dispose d'aucune expérience quant aux effets indésirables à long terme qu'une telle thérapie peut provoquer chez des sujets sains.



Source: AIDS Information Switzerland
©Translation: AIDS Information Switzerland
last updated: November 2009